Archive for mars, 2007

Humiliations fraternelles.

Mercredi, mars 28th, 2007

Comme l’écrivait judicieusement un ami, dans son article les annales du désert, la décision ne revient pas à ces roitelets d’opérette et autres Présidents bananiers.

Pour ceux qui ne sont pas au parfum, ils s’agiraient probablement (Sic) de cette bande d’illettrés, de despotes et d’incapables qui représenteraient la toute puissante et majestueuse nation arabe.

Comme à l’accoutumée, la montagne accouchera de sa souris, cuvée 2007. Bâtarde elle le sera, forcément.

Peut-être pas. Youpi il est vrai que cela faisait assez longtemps que ces petites gens se se sont pas embrassées et enlacées dans un simulacre de tango argentin.

À l’instar d’Ibrahim, je n’ai pas envie de disserter sur le sujet.

Malheureusement je venais de parcourir rapidement les infos en provenance de Ryad. La mayonnaise m’est montée très rapidement au nez, colères et douleurs m’envahissent.

En tant que libanais j’ai horriblement mal.

Mal de voir le Premier ministre libanais accueilli par moins gradé que lui, en l’occurrence le vice-gouverneur de Ryad, l’équivalent du sous-préfet préfet de Paris.

Mal de voir le Président de la République Libanaise accueilli également à son tour par le même sous piffre de la famille régnante saoudienne. Alors que les autres délégations ont été toutes accueillies par le roi-telet en personne.

Mal de me voir souffrir à devoir défendre les deux têtes de l’exécutif libanais alors que je n’ai aucune estime ni pour l’un et encore moins pour l’autre.

Mal de voir la lâcheté, l’absence de tout amour propre, le manque de courage de ceux qui semblent, par la force des choses, nous représenter.

Mal de voir la nation libanaise se faire insulter par ces bédouins bedonnants et séniles, sans que Lahoud et Siniora n’aient le minimum d’honnêteté à rebrousser chemin et rentrer illico presto au pays.

Mal de devenir la risée du monde par nos divisions et nos tergiversations sur le sexe des anges.

À quoi bon de gagner une hypothétique reconnaissance des autres quand les tiens ne croient plus en toi ?

Mais bon sang, dites moi, bandes d’abrutis, qu’avez-vous fait de mon Liban ?

Honte à vous.

Les secrets de la casserole

Dimanche, mars 25th, 2007

Les_secrets_de_la_casserole Une fois n’est pas coutume, mon livre de chevet actuellement se rapporte à la "marmitte".
Rassurez-vous, il ne s’agit point d’un best seller. C’est quand même dommage. Cependant les amateurs de la "fine bouche"  et les fins gourmets trouveront leur compte et tant mieux.
Son auteur, Hervé This, est un physico-chimiste à l’Institut National de la Recherche Agronomique, il est aussi chercheur au Laboratoire de Chimie au Collège de France.

Dans son dernier ouvrage, "Les secrets de la casserole", l’auteur nous fait partager les explications que la science donne aux préceptes culinaires empiriques transmis de chef en chef et de mère en fille. Quant à moi, j’ajouterai aussi de père en fils. ;) ))

Un extrait de son livre : Le canard à la Brillat-Savarin
"Pour vous mettre en appétit en vous donnant l’occasion de vérifier qu’une science infusée, à défaut d’être infuse, a son utilité en cuisine, je vous propose une recette qui pallie les insuffisances des micro-ondes : un canard express à l’orange.
Le mystère de la cuisson par les micro-ondes n’est pas grand, ils chauffent spécifiquement les parties des aliments contenant beaucoup d’eau. Autrement dit, quand on place sans précaution de la viande dans un four à micro-ondes, on n’obtient qu’une vaporisation de l’eau et une cuisson à la vapeur. Faire du bouilli avec un filet de boeuf ou de canard, c’est dommage !

La recette de canard, maintenant.
Ayez des cuisses de canard que vous faites griller à feu vif dans du beurre, mais très peu de temps : juste ce qu’il faut pour qu’une belle croustillance dorée apparaisse. Ainsi grillée, la viande reste immangeable : la partie centrale n’est pas cuite, et l’on sait combien les cuisses de canard doivent l’être ! À l’aide d’un papier absorbant, retirez la graisse de la surface du canard et, à l’aide d’une seringue injectez du Cointreau au coeur de la viande. Passez-la au four à micro-ondes pendant quelques minutes, selon le nombre de morceaux et la puissance de l’appareil : les micro-ondes domestiques, qui sont absorbées surtout par les parties contenant du liquide, épargneront la surface, qui a un peu séché et n’a d’ailleurs plus besoin d’aucun traitement ; en revanche, elles cuiront le centre de la viande "à l’étouffée" dans une vapeur alcoolisée et aromatisée à l’orange. Vous pouvez également piquer un clou de girofle dans les chairs avant le passage aux micro-ondes.

Ne faites pas les frais d’une sauce : elle est déjà dans la viande.
Ne flambez pas : l’alcool a déjà baigné les chairs.
Regardez votre montre : vous verrez que la science ne vous a pas fait perdre de temps, au contraire. Elle a en outre rénové une recette ancienne en l’allégeant".

Odette Toutlemonde

Samedi, mars 24th, 2007

Odette Et Odette lui disait : "Je ne suis pas amoureuse de toi, je t’aime".

Ou encore, "Je disais à mon mari, plombier, que les hommes et les femmes n’ont pas la même tuyauterie. Vous les hommes, vous êtes obligés de nous rentrer dedans".

Lui, c’est Baltasar, écrivain en mal d’amour, mal dans sa peau, trompé par sa femme avec son pire ennemi, écrivain et critique littéraire.

J’ai été voir ce film à reculons, après une journée de travail merdique et contraignante. J’avais besoin de faire le vide.

Le titre du film n’est point alléchant, Odette Toutlemonde.

Le comique se mêlait presque au tragique, dans une bonne humeur et une simplicité de tous les jours, sur fond de Josephine Baker.

Odette, alias Catherine Frot, met notre sensibilité à fleur de peau, avec une grâce et une légèreté surprenante. Une histoire au quotidien, comme il y en a à travers le monde.

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Anna Gavalda et son livre "Ensemble c’est tout" tellement la ressemblance me parut présente, dans l’esprit bien entendu.

Si vous avez envie de passer un bon moment de bonheur à l’état pur, foncez.

Les préparatifs d’une guerre annoncée.

Jeudi, mars 22nd, 2007

Dans les heures qui suivent, les médias vont certainement dévoiler les déclarations de Olmert concernant la guerre au Liban. Dans l’attente je vous invite à lire un rapport présenté, il y a plusieurs mois, sur un site Internet, par Wayne Madison, actuel journaliste au "New Yorker", chargé de suivre les développements politiques de Washington, mais aussi les nouvelles de la "Security of States", dont il fut l’un des responsables, et de la CIA. Ce rapport fait suite à l’article publié par le "San Francisco chronicle", au début de la guerre israélienne contre le Liban et confirme ce que tout le monde savait déjà : "Le président des Etats-Unis, Georges Bush, et le vice-président, Dick Chenney, ont donné, il y a deux mois, donc en mai, à Israël le feu vert pour attaquer le Liban". Ce qui rend crédible cette information, c’est que son auteur fut le premier à parler de la prison d’Abou Ghraïb, en Irak, et des atrocités que les troupes d’occupation américaines y avaient commises.

Que dit en substance le rapport* ?
1) Il précise que l’agression contre le Liban fut planifiée par des responsables israéliens haut placés et des membres de l’administration de Georges Bush, les 17 et 18 juin passé, lors d’un congrès tenu à Beever Creek-Colorado par l’American Enterprize Institut.

2) La réunion de coordination qui avait eu lieu alors avait rassemblé, en plus du Vice-président américain, l’actuel Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, et trois ex Présidents du Conseil, Benjamin Netanyahou, Ehoud Barak et Shimon Pérès… Sans oublier le député Nathan Charansky…

3) Les deux parties en présence s’étaient mises d’accord sur le plan suivant : L’administration américaine actuelle donnerait toute l’aide nécessaire à Israël, afin que cet Etat puisse mettre en exécution le plan élaboré, depuis dix ans déjà, ( donc avant le 11 septembre) sous le nom "Clear infiltration" et parlant essentiellement des nouvelles stratégies en matière de "sécurité" dans le monde. Ce plan fut mis au point, entre autres, par Benjamin Netanyahou, Richard Pearle et Douglas Fith…

4) Ce plan constitue, en fait, la seconde étape qui doit faire suite à l’invasion et l’occupation de l’Irak. D’ailleurs, les deux plans ont été étudiés en même temps et ils stipulaient que le commencement doit se faire en Irak et qu’il sera rapidement suivi par des guerres en Palestine, au Liban, puis en Syrie et en Iran.

5) Pour exécuter un tel plan, deux étapes furent prévues : la première, préparatoire, d’une durée de quatre ans, prévoit "des activités secrètes de la part du Pentagone, de la Maison blanche et du Mossad à l’intérieur du Liban, dont des assassinats à la voiture piégée de responsables libanais haut placés. Le but : obliger les troupes syriennes à se retirer"… Puis, l’auteur du rapport cite trois noms de responsables : Elie Hobaïka (ancien ministre, passé de la direction des "Forces libanaises" aux Syriens, accessoirement le véritable bourreau de Sabra et Chatila), Georges Haoui (ex secrétaire général du Parti Communiste Libanais) et Rafic Hariri (ex Premier ministre du Liban). Quant à la seconde étape, elle comprend le bombardement puis l’invasion du Liban.

6) L’auteur du rapport dit que John Bolton, ambassadeur US à l’ONU, a dévoilé l’étape qui doit faire suite à ce plan dans une interview donnée à "Fox news". Il explique : "Je pense que si vous regardez le soutien de l’Iran et de la Syrie à des groupes tels que le Hamas, le Hezbollah et le Jihad islamique, vous saurez que ce ne sont pas les organisations terroristes qui auront à rendre compte de ce qui se passe, mais aussi les Etats qui les financent".

Ce type de propos permet de revenir, même rapidement, à tout ce que ce que tout le monde savait déjà depuis trois ans, concernant la guerre de Bush contre l’Irak, à savoir que cette stratégie élaborée éclaire le slogan de la "lutte contre le terrorisme musulman" comme prétexte pour imposer sa volonté à tous les peuples du Moyen Orient, après avoir utilisé pendant très longtemps celui de la lutte "pour la liberté et la démocratie" contre le Communisme "athée". Celui-ci étant mort, il était temps de retrouver un autre ennemi, partant du principe que le sentiment d’être en guerre est censé souder toute une population derrière son guide, surtout si celui part en croisade contre l’axe du mal.
On comprend mieux en quoi ce dernier conflit ne concernait en rien les libanais mais constituait une réponse face au hezbollah dont le but consistait non seulement à l’éloigner de la zone au sud du Litani, mais à lui faire perdre sa capacité opérationnelle qui lui procure son rôle d’acteur majeur dans la région
.

Qu’en pensent tous ceux qui nous ont éxpliqués, à travers les cinq continents, que l’Etat d’Israel a le droit de se défendre ?
Seront-ils, encore et toujours, plus royalistes que le roi?

Affaire à suivre. 

* traduction par Marie Nassif Debs

Révolte et pessimisme

Mardi, mars 20th, 2007

OragesJe n’ai cessé de le répéter ces derniers temps.
Les pourparlers qui ont eu lieu depuis plus de 10 mois entre l’opposition et la majorité n’aboutiront à rien. Nous avons eu les rounds du dialogue national et ces derniers jours les rencontres bilatérales entre Nabih (Berri) et Saad El Dine (Hariri). Les heures passées perdurent et les espoirs s’évanouissent et la résignation en grande le terrain perdu.

À cela il faudra ajouter la multitude de rencontres entre politiciens de tous bords, fussent-ils les Feltman, les Eimeh, les Moussa ou les chefs d’États comme l’Iranien, le Saoudien, l’Israélien ou le Syrien. Sans omettre, dans tous les cas, toutes celles qui se déroulent à l’ombre de toute pénombre.

Tous au chevet de ce grand malade, mineur parmi les majeurs, qu’est le Liban. Et chacun va de sa solution et de son invention.

Il était plus qu’évident que la majorité fictive ne reproduirait pas par 2 fois son erreur du printemps dernier. À l’époque, la troupe du 14 mars a raté le coche, décidant de ne pas marcher vers Baabda, afin de déloger son locataire. L’opposition ayant marqué un grand point en faisant son sit-in au centre-ville même si elle n’a pas encore tiré les bénéfices escomptés, si ce n’est une paralysie presque totale de l’appareil étatique…

Depuis le départ, et à mon humble avis, la majorité jouait le chrono. Tantôt par des discussions, tantôt par la bouderie et toujours d’ailleurs par roublardise; elle avait en vue la future élection présidentielle. D’après la Constitution libanaise, le quorum doit être atteint pour procéder à l’élection d’un nouveau Président. Or cette majorité minoritaire, la maj min (excusez-moi il n’y a pas que Ségolène qui invente des mots), ne peut à elle seule atteindre le quorum des deux tiers. Le scénario le plus plausible est le suivant : faire pression pour que le Président de l’Assemblée nationale accepte que le quorum soit atteint à la majorité simple. Face à son refus, les parlementaires de la majorité se réuniront ailleurs et procéderont à l’élection d’un Président que les grandes puissances "tutrices et amies, n’est ce pas?" reconnaîtront sur le champ. Le camp d’en face procédera de son côté à l’élection d’un Président bis et voilà le Liban dans une tourmente qui dépassera et de loin les enjeux nationaux. En tout état de cause la maj min actuelle mise, sur des modifications géopolitiques et stratégiques touchant le Moyen-Orient, issues d’une probable frappe aérienne des USA contre les centrales nucléaires iraniennes et la création d’un état palestinien regroupant les réfugiés y compris les Arabes vivant En Israel. L’État d’Israel servira alors de détonateur pour la création de mini-états ethniques et religieux. "Les forces du bien" auraient bien vaincu "les forces du mal."

Pour revenir à notre maj-min, pour une fois je reconnais qu’elle joue bien sa partition politique, en voulant imposer un Président qui sera cette fois-ci à la botte de notre seigneur Saad El Dine Hariri. C’est une question de survie politique. Le facteur ne sonne qu’une fois et la nouvelle loi électorale aura l’effet d’un Tsunami libanais, balayant la majorité des députés ripoux, qui hier encore étaient dans les jupes syriennes.

Quant aux chrétiens du liban, leur Président deviendra un "Bachkéteb" (greffier) auprès du "Beb el Aalé" notre cher Premier ministre.

Quant à l’intérêt national du Liban c’est une autre paire de manches. Il passera par la case perte et profit.

Révolte et pessimisme.