Archive for novembre, 2007

Pressions et impressions

Mardi, novembre 20th, 2007

Après avoir obtenu du Patriarche Sfeir une liste de présidentiables, voilà que la pression internationale se fait de plus en plus pressante.Il s’agit de faire du feu de tout bois.Saad El Dine Hariri implore le président Poutine d’intervenir.Nicolas Sarkozy en personne appelle Bashar EL Assad au téléphone et lui dépêche son conseiller spécial. Il faut obtenir, coûte que coûte, que la Syrie fasse pression à son tour sur le Hezbollah et sur le mouvement Amal. Le but de la manoeuvre n’a jamais dévié depuis la case départ : lâcher le Général Aoun et l’ empêcher d’accéder à la première magistrature.C’est la preuve ultime que le Général Aoun n’est pas une girouette à la solde de l’étranger.15 années d’éloignement n’ont pas eu raison de sa popularité. Il continue à représenter pour une très grande frange de la population, l’homme du renouveau, de l’équité, de la probité et de la justice sociale. Il est le trait d’union entre les différentes communautés religieuses, et l’homme qui fera rentrer le Liban dans une nouvelle République laique.Ah la démocratie (à géométrie variable) quand tu nous tiens.

Mascara et Mascarade

Samedi, novembre 17th, 2007

Tout ça pour ça ?

Le monde entier est au chevet du Liban malade.

Mais de quoi est malade le pays des cèdres?

En premier lieu de l’ingérence extérieure dans nos affaires internes. Une panoplie entière d’émissaire venant nous expliquer qu’il est indispensable de respecter la Constitution. Affarem (en turc) et bravo. Mais si mes souvenirs sont bons, il me semble que ces mêmes émissaires avaient été frappé par un silence cadavérique le jour ou notre cher Siniora, Premier Ministre fantôche, a dissous le CONSEIL CONSTITUTIONNEL.

En second lieu de l’autisme d’une grande partie de nos hommes politiques rattachés d’une façon ou d’une autre à une puissance moyenne, ou grande. Ils ont oubliés qu’ils ne sont que de simples pions sur une scène orientale ou un bras de fer oppose l’axe du mal à l’axe du mâle.

Le Liban est sous assistance respiratoire avec un ECG plat. Ni la médecine conventionnelle ni la chinoise n’arriverai à lui rendre vie.

Les pressions externes ont eu raison de la réticence du Patriarche Maronite à cautionné une liste de présidentiables. La dite liste a attéri chez Nabih berry devenu très fréquentable par les américains notamment, et chez Saad el dine Hariri. Aux dernières nouvelles, ces éminentes personnalités, l’une pro syrienne (Pro Assad) et anti américain, l’autre pro syrienne (Branche Khaddam) et pro américaine, choisiraient un nom si entente, ou deux noms si mésentente afin que le parlement les départage. Il me semble qu’il s’agit d’une tricherie monumentale puisque dans ces conditions les grandes puissances imposeraient leur candidat qui ne sera élu qu’à la majorité relative au second tour. Le but de la manoeuvre est d’obtenir d’une façon biaisé le quorum des deux tiers. Je comprends que dans ces conditions Nabih Berri, se désolidarisant de l’opposition en se réfugiant derrière la soutane du patriarche, soit optimiste pour l’éléction présidentielle dans les temps.

En tout état de cause nous nous acheminons, dans le meilleur des cas, vers l’élection d’un président de la République sans assise parlementaire, ni populaire, et qui sera l’otage d’un Premier Ministre omniprésent et surpuissant. Voilà à quoi doit se résigner le peuple libanais. Il ne s’agit plus d’élire un président fort, capable d’accompagner des changements de taille sur la scène orientale, et lancé les chantiers urgents de la reconstitution de la nation libanaise, avec l’édification d’un Etat de droit et de justice, capable de se défendre devant les agresseurs potentiels qui rôdent à nos portes. Il s’agit tout bêtement d’élire un Président, sans odeur ni couleur.

Je récuse au Patriarche maronite le droit de nommer des présidentiables, son rôle est d’être le père de tous. Bien évidemment je ne mets en doute la lourdeur de la croix que les occidentaux lui font porter. Quoi qu’il advienne, les mécontents seront légions. La démocratie n’aura rien à gagner.

Je récuse encore plus vigoureusement tout droit à Nabih Berri et à Saad el dine Hariri, de choisir un ou deux candidats à la présidence. Mais de quel droit ils le feront? Ont -ils pensé à la dignité des députés qui doivent entérinés sans rechigner le choix des ces maitres illusionnistes?

Demain, les chrétiens, Mihel Aoun et Samir Geagea, s’ils auront toujours droit au chapitre, serait en droit d’exiger la réciprocité, et choisiront entre plusieurs candidats le futur Premier ministre et le Président de l’Assemblée générale.

Si le Liban est tellement cher au coeur des puissances, grandes ou moins grandes, le salut sera imminent. Imminent, une fois qu’ils arrêtent toute ingérence dans nos affaires internes. Savent-ils qu’à chaque fois qu’un émissaire se rend au Liban, à chaque fois notre indépendance est bafoué, notre mémoire violé et notre amour propre piétiné.

Nous sommes à quelques jours de la date anniversaire de l’indépendance du Liban. Triste souvenir, amertume et révolte.

Continuez à nous éblouir par votre mascara, la mascarade ne sera que plus reluisante.

Enquête au pays du Levant

Samedi, novembre 17th, 2007

Les dieux du Liban ont été dépassés ; mais les idoles d’un jour, qu’avaient intronisées nos appels, nos désirs, nos erreurs et nos pressentiments, étincellent encore au milieu d’une nature qui n’a pas perdu ses puissances d’ivresse. Nous allons sur la mer inchangée, au pied des montagnes qui, sous le soleil éternel, vêtues des mêmes ombres et des mêmes lumières, sont toujours fleuries d’invocations divines. Le cœur humain n’a pas cessé de s’émouvoir devant le déploiement des beautés et des chants du Liban.

Conte chinois : les ruses du (des) chasseurs.

Dimanche, novembre 11th, 2007

Le cerf craint le loup, le loup craint le tigre, et le tigre craint le grand ours, le plus féroce des animaux. Le crâne revouvert de longs poils semblables à une tignasse, marchant debout sur ses pattes de derrière, il est extraordinairement fort et s’attaque même à l’homme.Au sud de l’Etat de Chu vivait un chasseur qui, sur sa flûte de bambou, arrivait à imiter toutes sortes de cris d’animaux. Muni d’un arc et d’un petit pot de grès au fond duquel couvaient quelques braises, il se rendait dans la montagne et imitait l’appel du cerf. Croyant retrouver un de leurs frères, des cerfs arrivaient et le chasseur les tuait avec des flèches enflammées.Un jour, en l’entendant imiter le cri du cerf, un loup accourut. Le chasseur pris de frayeur lança un rugissement de tigre. Le loup s’enfuit, mais un tigre parut. Terrifié, l’homme imita le grognement du grand ours. Le tigre s’en fut, mais croyant rencontrer un de ses semblables, un ours énorme se présenta. Ne trouvant qu’un homme, il se jeta sur lui, le mit en pièces et le mangea.Aujourd’hui encore, ceux qui se servent d’artifices au lieu de compter sur leurs propres forces finissent toujours par s’attirer un destin semblable à celui du chasseur.Dans le Liban d’aujourd’hui nombreux sont ces chasseurs zélés. Que le Tout puissant nous en débarrasse rapidement.

Qui étaient les djihadistes du Fatah al-lslam* ?

Dimanche, novembre 11th, 2007

A la mosquée Harba de Bab al Tebbané, l’inquisiteur local, cheikh Mazen, que le gouvernement de Beyrouth laisse s’exprimer sans entraves, se fait comédien pour brosser, depuis le minbar – la chaire -, le tableau des guerres en cours au Moyen-Orient et en Afghanistan. C’est en pleurant à chaudes larmes qu’il s’attarde sur «les victimes musulmanes massacrées par les juifs et les Américains»…

Le mystère Abou Jandal
Pourquoi les gendarmes ont-ils tué l’unique survivant de l’attaque de la banque Med, alors qu’il sortait désarmé d’une mosquée ? Abou Jandal était-il gênant ? A-t-il été éliminé, comme l’affirment les islamistes, sur ordre du Premier ministre Fouad Siniora, ancien homme de confiance de Rafic Hariri, dont dépend directement la gendarmerie ? Ce qui est sûr, c’est qu’Abou Jandal n’était pas, en mai 2007, un inconnu des services de sécurité libanais. Pour avoir participé en 2000 aux combats entre les islamistes et l’armée libanaise dans les montagnes escarpées de Sir al-Dinniyé, à 50 kilomètres au nord-est de Tripoli, il avait été condamné, avec 21 autres islamistes, à dix ans de détention et emprisonné. Curieusement, il a été amnistié après la mort de Rafic Hariri par la nouvelle majorité parlementaire. A la demande de Saad Hariri.
Ultime coïncidence – ou mystère : Abou Jandal a été inhumé en même temps que deux soldats libanais, tués par ses compagnons de combat, dans le carré des martyrs du cimetière de Tripoli…

Farid Aichoune
Le Nouvel Observateur

*http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2243/articles/a358164.html